Edito du Père Jean Evenou †
Délivre-nous du Mal
Le premier acte public du ministère de Jésus, dans l’évangile de Marc, est un exorcisme: Jésus libère un pauvre homme «tourmenté par un esprit mauvais». Ne lisons pas ce texte comme un récit plus ou moins mythologique et préscientifique… C’est vrai que l’on a fait des progrès depuis 20 siècles dans la psychologie des profondeurs. Lisons ce récit d’exorcisme dans sa signification profonde : il est Evangile, Bonne Nouvelle, et la bonne nouvelle, c’est que, par Jésus Christ, Dieu intervient pour sauver l’homme de tout son mal.
Une partie du mal de l’univers vient de causes naturelles : la création n’est pas parfaite (autrement elle serait Dieu), elle est toujours en voie d’achèvement, comme un chantier de construction.
Mais, à un autre niveau, le mal est dans l’homme même. L’évangile de ce dimanche nous redit qu’il y a parmi nous tant d’hommes et de femmes «tourmentés par un esprit mauvais». Le mal prend des proportions gigantesques et des formes inouïes: qu’il s’appelle injustice, torture, drogue, mal de vivre; qu’il engendre des guerres interminables, des suicides et, plus banalement mais non moins dramatiquement, des dépressions de la personnalité.
Qui nous délivrera de ce mal qui nous ronge? Comment ne pas voir qu’il existe un «esprit mauvais» qui s’oppose à la sainteté de Dieu et qui tourmente l’homme en l’aliénant ? Notre mal de vivre ne vient-il pas de l’absence de Dieu dans nos vies?
Tout se présente comme si l’humanité était le jouet d’un adversaire redoutable et caché. Devant Jésus, le cri du possédé dans la synagogue est un aveu : Tu es le Saint de Dieu.
